Tutu de Miles Davis TUTU
Jazz fusion

Miles Davis
TUTU

L’atmosphère est électrique, sursaturée de Gigawatts

Miles Davis

Ce disque me rappelle un vol Paris LA en jet privé… ou Paris NY, me souviens plus. C’était les eighties. J’accompagnais une belle divorcée du genre luxe. Elle me faisait penser à Whitney Houston avec son sourire phosphorescent, son regard à la douceur chatouilleuse et ses boucles taillées comme un jardin à la française. Elle a sorti Tutu de Miles Davis, le vinyle. C’était encore, à l’époque, un objet du quotidien, un objet qui signifiait musique. Autre chose qu’une démonstration de coolitude, une médaille de l’ordre des « vrais ». Fuck les « vrais » et leurs jumeaux, les charlatans.

Tutu

Elle a mis Tutu sur la platine et les hublots du jet étaient noirs de nuit. Badaboom. Marcus Miller, le producteur et compositeur, à la basse. Une batterie furieusement funky, l’atmosphère est électrique, sursaturée de Gigawatts. Une tonalité urbaine, interstice, trop de lumière et trop d’ombre. En à peine trois secondes, le mot fusion était mort-né.

Ne parles pas de fusion ou pire, de World music, IT IS musique AVEC des instruments électroniques. Le mot « World Music » contient à l’usage, malgré les bonnes intentions, autant de mépris et d’ignorance que le mot « Tiers Monde ».
Donc c’est du Jazz. Tout bêtement. Ou du Rock si tu veux, ou du Funk, même du reggae (voir Don’t loose your mind). Whatever.

Backyard Ritual

Elle était super belle. Parfum subtil. Soif de vivre. Elle s’approchait de moi, épaules nues, robe légère et la trompette de Miles s’est mise à chanter comme une femme dont on ignore si elle pleure ou si elle jouit. Avec Miles Davis, on ne sait jamais si les lignes géniales qu’il dessine sont le fruit d’un dur labeur ou d’une impro captive, comme dans ascenseur pour l’échafaud.

Il y a, dans Tutu, autant d’audace cold wave que dans le Love on the beat (1984) de Serge Gainsbourg  dont – je le tiens de lui – les vastes oreilles en chou fleur ont souvent exploré ce disque couronné d’un Grammy Award en 1986.

Nous fîmes l’amour, crois moi.

La vérité est une question d’imagination.

Tchuss.

Allen Meurisse

Note : 4/5

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