John Densmore, le puriste

Gardien du Temple

john densmore

Peut-être le membre du groupe de L.A le plus « gêné » par le succès extraordinaire des Doors, John Densmore en est le percussioniste et batteur. Longtemps après le décès de Jim Morrison, il mettra tout en oeuvre pour que les volontés du « roi lézard » soient respectées : on ne vend pas les morceaux des Doors à des fins publicitaires. De plus, au nom de l’intégrité morale et spirituelle autour desquelles le groupe a construit son oeuvre, Densmore refusera que les autres membres (Krieger et Manzarek) entreprennent des tournées mondiales en utilisant le nom « The Doors ».

Il a rencontré Manzarek et Krieger au cours de sessions de méditation. John Densmore est très porté sur les exercices transcendantaux. Il est, comme Morrison, un artiste complet. Il est acteur et poète :  la pièce de théâtre en un acte, Skins, qu’il a écrit et interprété à New York en 1984. Il est également producteur et compositeur de spectacle qui furent à la fois salué par le public et la critique, comme Methusalem, dirigé par Tim Robbins à Los Angeles.

En véritable gardien du temple « Doors », John Densmore est le principal conseiller d’Oliver Stone sur le film de 1991. Il fait partie des personnes sensibles à l’interprétation de Morrison par Val Kilmer. Son autobiographie, Riders on the storm, a pour but de mettre en lumière certains aspects peu connus de la vie du groupe et de ses membres à la « grande époque » 65-71.

Une contribution artistique sous-estimée

Jusqu’aux années 1990, il fut de bon ton, pour beaucoup de rock critiques, de considérer Densmore comme la cinquième roue du carrosse ; quatrième si on veut être exact mathématiquement… mais un peu moins vis à vis de la logique du carrosse. Manzarek parlait d’un triangle magique composé de Jim, Robbie et lui-même, ce qui – de facto – excluait John, soit disant plus faible. Or, si le « triangle magique » est assurément composé de titans dans chacun de leurs domaines, l’écoute attentive et passionnée des disques des Doors met en évidence la contribution majeure de Densmore en tant que batteur et percussioniste.

L’ambiance si profonde de « The End » doit autant aux guitares de Robbie, aux touches de Ray qu’aux sonorités cérémonielles de John. Dans l’ensemble, Densmore aura sacrifié la puissance de jeu caractéristique des batteurs de rock à une approche plus jazz et, avant tout, plus mystique, ce qui constituait l’écrin parfait pour les trips de Morrison.

 

 



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