Piano rags by Scott Joplin Piano rags by Scott Joplin
ragtime

Scott Joplin
Piano rags by Scott Joplin

On peux pas vraiment parler de Jazz.

J’espère que tu lis çà pas trop vêtue, ma belle. Quand j’écris mes connerie, je me plais à t’imaginer avec le stricte nécessaire, c’est à dire rien.

Je te parle du temps d’avant. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai mis Scott Joplin dans la rubrique musique classique, dénomination qui – tu ferais bien d’être d’accord avec moi – ne veut pas dire grand chose. Joplin est mort en 1917. On peux pas vraiment parler de Jazz. Et puis moi, quand j’entends son Ragtime, c’est au vieux Bach que je pense.

L’enfance est bien moins le domaine des rêves que l’âge adulte. Tu verras. La jeunesse, tu es dans le train. Bon ou mauvais, tu vis ton truc sans t’arrêter. Quand arrive l’après, tu restes plus ou moins dans une gare à regarder les trains qui passent. Parfois, ivre d’alcool ou d’amour, tu sautes dans un wagon. Ça reste rare.

Les parents Joplin sont d’anciens esclaves. Et eux, c’est pas le genre à laisser leur fils à la case merdier. Papa travaille dans les trains et Maman est femme de ménage. Et bien, il vont se démerder pour offrir des cours de piano au gamin. Un putain de prof allemand même, qui va initier Scottie à la « grande musique » européenne. Le génie du fils c’était la mélodie, celui des vieux c’était la hargne ; et une confiance de dingue.

Canaille de Crumb

Moi, c’est cette canaille de Robert Crumb qui m’a fait découvrir Joplin. Marrant le Crumb, pote avec Zappa et tout ce qu’il y a de plus psyché-rock sur la west-coast, il pouvait pas souffrir le rock. Lui, c’était le vieux blues, le vieux jazz, la good old country et… Scott.

La blague c’est que Crumb a connu la gloire internationale grâce à sa pochette de Cheap Thrills de Big Brother And The Holding Company dont la chanteuse était Janis… Joplin.

Robert Crumb

Joshua Rifkin, Joplin & bach

Cet enregistrement date de 1970. Tu penses pas qu’on a enregistré Scott Joplin à l’époque. Du coup, il y a débat, certains disent que c’était surtout un grand compositeur mais un pianiste moyen. D’autres racontent que c’était un interprète prodigieux. Whatever.

Ici, c’est l’éminent Joshua Rifkin au clavier. Le mec, c’est un musicologue, un prof spécialiste de… Bach. Du coup, il donne aux morceaux de Joplin l’écrin qu’ils méritent : la profondeur et la légèreté d’un clavier bien tempéré. Les couleurs très western – boite à musique, couleurs clichées du ragtime, s’évaporent au profit d’un dialogue subtil entre les mains gauches et droites. Les nuances d’émotions sont délicates, unifiées. Le reverb, très présent, accentue le côté onirique de la prise de son.

En gros, tu peux danser ou rêvasser. Pourvu que tu restes nue, ma belle.

 

Allen Meurisse

Note : 4,5/5

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