Jawani Diwani (BO) avec Kishore Kumar Jawani Diwani
Psyché Bollywood

Rahul Dev Burman
Jawani Diwani

Psychédélisme à Bollywood, très sympa

Kishore Kumar

Telle que je te connais, ma petite chérie, tu n’es jamais allée à Jokkmokk. Pourtant, Jokkmokk est un chef lieu ; le chef lieu de la commune de Jokkmokk, dans le nord de la Suède. Une sorte de ville de pionniers, pleine d’étendues neigeuses comme on en voit dans le Fargo des frères Cohen. Le plus vibrant souvenir que j’en ai rapporté est cette bande originale du film Jawani Diwani. L’acteur et chanteur Kishore Kumar y fait des étincelles sur des mélodies psychédéliques de Rahul Dev Burman, un pote de Bombay.

Jane Jaan Dhoondta, le tube très sympa

Telle que je te connais, tu ignores que j’ai séjourné à Jokkmokk en 1972. Comment t’en vouloir ? Même moi, pourtant réputé connaître par coeur ma propre biographie, je n’en garde que quelques bribes. Cependant, quelle netteté ces bribes ! Par exemple : je ne pensais pas que ça pouvait être hideux, des fleurs. Le papier peint de la chambre que je louais dans une pension de famille me démontra le contraire. Des couleurs inédites aux tonalités atroces tellement peu harmonieuses qu’on jurerait qu’elles se haïssent. À part ça, les gens étaient sympa, du genre costauds. L’aquavit aussi.

Jokkmokk

Telle que je te connais, tu ne parles pas couramment le suédois. Donc si je te dis qu’une nuit de profonde ivresse, je me traînais, bouffi d’allégresse, dans les alentours de Jokkmokk et que je me trouvais nez à nez avec une minuscule cabane où tu pouvais lire « fria och oberoende vildsvin », ça te fera une belle jambe.

C’est pourtant très simple :

Fria = libre
Och = et
Oberoende = indépendant
Vild = sauvage
Vin = cochon

Évidemment, vildsvin ne signifie pas « cochon sauvage », mais « sanglier ». Tu l’avais deviné, maline. Traduction officielle : « sanglier libre et indépendant ».

guiliguili ah aha !
guiliguili ah aha !
Billi Billi Billi

La cabane n’était pas plus grosse que les chiottes de la famille Ingalls. Une voix indienne resplendissait. Elle chantait (je m’en souviens très bien) « guiliguili ah aha ! guiliguili ah aha ! Billi Billi Billi ». Il ne me fallut que quelques dixièmes de seconde pour reconnaître le bel organe de Kishore Kumar. Par contre, il me fallut cinq bonnes minutes pour trouver la poignée de la porte. Ça tournait pas mal dans ma caboche. L’aquavit.

Yeh Jawani Hai Diwani, très sympa

Pousse la porte. Elle grince. Un escalier obscure. La musique vient d’en bas. Tu descends en titubant. Pas à pas. Longtemps. Couloir étroit. Lumières clignotent derrière une porte. Franchir la porte. Des douzaines de sangliers dansent. Dressés sur les pattes arrière. Ça doit être une soirée thématique. Culottes de velours. Turbans aux couleurs vives. Odeur de beuh. Stroboscope. Le plus imposant, le plus velu des sangliers s’appelle Abraham, je crois. Très sympa. Dialogue.

– C’est quoi la musique ?
– Jawani Diwani, bande originale
– Kumar ?
– Oui, Kishore Kumar
– J’en étais sur, je suis pote avec Rahul Burman
– Sympa, Rahul
– Très sympa, On dirait qu’il s’est mis au psychédélique…
– C’est clair
– Et la fille ?
– Là, c’est Jaya Bachchan
– Sympa
– Très sympa. Français ?
– Oui, Paris
– Cool. Tu connais René de Championnet ?
– Carrément. Chic type. Un peu bizarre.
– Très bizarre… Très drôle. Pourvu qu’il repasse à Jokkmokk.
– Parle pas de malheur…
– Aquavit ?
– Avec plaisir… Sympa !
– Très sympa.

Allen Meurisse

Note : 4/5

Si vous aimez Jawani Diwani par Rahul Dev Burman, merci de
Partager ce billetx fermer

Vous êtes invité à partager sur Facebook ou sur Twitter

D'autres critiques Rock ici :

Plan du site