Crosby, Stills & Nash Crosby, Stills & Nash
folk-rock

Crosby, Stills & Nash
Crosby, Stills & Nash

Crosby, Stills and Nash est un supergroupe.

Nash, Stills & Crosby

Crosby, Stills and Nash est un supergroupe. Pas au sens « il est vraiment super, ce groupe ». C’est pas faux, mais c’est pas ça. Ça signifie que le groupe est composé de personnes ayant rencontré le succès avant d’appartenir à ce groupe. En cela, CSN se distingue des « Musclés » qui étaient inconnus avant leur succès monstre des années 90. Stephen Stills, le blond, est issu des Buffalo Springfield. David Crosby, le moustachu, est un ancien des Byrds et Graham Nash, l’anglais, a quitté The Hollies. Ils seront rejoints, un peu plus tard, par un certain Neil Young (ex-Buffalo Springfield, lui aussi).

Cet album est leur premier disque. Plein à craquer de tubes aussi agréables à entendre qu’exigeants dans leur composition et leur interprétation.

Crosby, Stills and Nash sont des oiseaux

Il existe, chez nos amis les oiseaux, un sens de l’harmonie qui nous échappe et nous ravit. Chez CSN, l’harmonie nous ravit sans nous échapper. Les trois chanteurs s’en donnent à coeur joie. Comme chez les rouges-gorges, leurs mélopées témoignent d’une vibration totale, naturelle, existentielle. Aussi bien dans la Suite: Judy blue eyes, arabesque aux atmosphères variées, que dans Guinnevere, la douce ballade crépusculaire de David Crosby, les vocalises sont d’une beauté naïve et complexe. L’extase et la gravité rôdent.

Sur ce live de Guinnevere à la BBC, tu ne trouveras que Crosby et Nash. Nos trois amis n’ont jamais vraiment cessé de se fâcher et se réconcilier.

Crosby, Stills and Nash sont tes amis

Ce disque est la bande son parfaite d’une fin de repas bien arrosé. A l’heure du pétard et du digestif. C’est un disque d’amis ; ou plutôt de potes. Potes dans la mesure où ce n’est pas encore l’heure des confidences. Voici le temps de la douce légèreté. Le temps où le temps n’importe plus. Le temps d’être content et de sourire un peu bêtement.

 

Crosby, Stills and Nash incarnent Woodstock

Long Time Gone est le morceau qui ouvre le documentaire Woodstock. Ce long-métrage témoigne du festival, évènement politique et artistique légendaire, qui s’est tenu en août 1969, climax d’une période de rêves. On y voit The Who, Jimi hendrix, Santana, Janis Joplin et bien d’autres. Le concert qu’y donnent Crosby, Stills, Nash et Young n’est que leur deuxième apparition en publique. La prestation est parfaite. C’est la nuit. Cinq-cent-milles chevelus, imbibés dans l’ensemble de tout ce qui imbibe, sont bercés comme des mômes, assis en tailleur sous leurs couvertures bariolées. Wooden Ships. Le temps s’est arrêté. Sommes-nous sûrs qu’il a repris son cours ?

 

Marrakesh express, la possibilité d’un voyage.

Sweeping cobwebs from the edges of my mind
Had to get away to see what we could find
Hope the days that lie ahead
Bring us back to where they’ve led

Graham Nash a écrit et composé Marrakesh Express. C’est le deuxième titre de l’album. Un titre typiquement hippie. Y’a de la joie, de la lumière, la promesse d’un trip au Maroc avec son sac et ses sandales. Combien en ont rêvé de ce voyage ? Combien l’ont-ils tenue, cette promesse ?

Voyage Voyage

Ça déboule comme ça. Ne mésestime pas ta nature animale. Longtemps après moi. Tu auras épousé un bon coup, riche, gentil, plus ouvert d’esprit que tous les yogis du mont sagesse. Tu auras 25 ou 30 ou 40 ou 80 ans. Ça surgira comme une envie soudaine. On te croira folle ou malade parce que « un Homme, çà s’empêche », comme dirait Albert Camus. Mais considère-t-on comme fou celui qui se retient de pisser, qui n’en peux plus, qui ne pense plus qu’à ça ?

Cette nature animale, ce n’est pas le sexe ou l’amour. Ce n’est pas figé sur une partie du corps ou cristallisé sur une personne. C’est l’appel de la forêt. C’est l’univers qui t’aspire. Tu ne fuis rien et tu ne vas nulle part. Sans faire de bruit, tu hurles à la lune comme les petits lapins dans le film d’horreur Wallace & Grosmit et le lapin Garou. Sans faire de bruit. Alors tu te tais, tu ne bouges pas, tu laisses passer. Il y a la peur, la paresse et les liens qui t’attachent au chien, au mari, au collègue, à l’enfant.

Heureusement, il y a l’alcool, les médicaments, un amant, une croyance, de quoi déverser ta sauvagerie inhibée.

Allen Meurisse

Note : 5/5

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