avril 30
Cher Patrick Beja,

Voici plusieurs années que je suis votre carrière de podcasteur. D’abord, suivant les conseils d’un ami cher, via Azeroth.fr, aujoud’hui, par l’entremise du rendez-vous tech et d’appload. N’étant peu ou pas doué en matière de World of Warcraft, mais touché – comme beaucoup de gens appartenant à (je le crois) notre génération – je me suis attaché à la qualité et à l’ambiance que votre talent et votre professionnalisme, indéniables (et reconnus semble-t-il par Blizzard), apportaient à ce qui n’aurait dut être, normalement, qu’un simple « fanzine ». Ainsi je fus, comme d’autres, à la fois déçu de vous voir abandonner azeroth.fr et ravi de découvrir le rendez-vous tech, puis appload, qui correspondaient à mes centres d’interêt (surtout professionnels) et qui regorgent – à ce jour – d’informations riches et accessibles.

J’éprouve beaucoup de respect pour cette manière que vous avez de solliciter modestement et avec discrétion quelque pourboire en début d’émission. Je me félicite de votre indépendance, et me réjouis de votre liberté de ton. Je sais, au détour de certaines de vos remarques, que vous vous situez, sinon à droite (d’un point de vue français), au moins, disons, au Centre Droit. Personnellement, je suis de gauche… mais ce n’est pas le sujet. Justement, à mes yeux vous seriez de cette frange honnête et constructive du capitalisme qui considère la quête d’excellence de chacun des producteurs de nouvelles technologies avec un maximum d’honnêteté. D’enthousiasme ou de sévérité. Quitte à se tromper parfois.

Ce naturel et cette honnêteté vous apportent aujourd’hui une crédibilité et une audience méritée et considerable. A l’écoute de votre podcast daté du 27 avril 2010, je mesure la nécessité de votre indépendance et je crains sa fragilité. En y entendant (au sens propre) le discours de Cédric Bonnet à propos des risques qu’il encourut à produire une simple critique d’un quelconque produit; en constatant le traitement subit par un éditeur de site (Guizmodo) pour la simple présentation d’un produit (ze new Iphone… même égaré…) , et en vous écoutant justifier les périls boursiers que cela représente pour ces entreprises, je frissonne :

Un tel sentiment de pression sur des médias vraiment indépendants… Qu’est-ce que cela pourrait donner chez les autres médias ? Et que se passera-t-il – sur Itunes – le jour où vous dénigrerez trop (à tort ou à raison) le nouvel Iduck ou le nouvel Ichouette ?

Vont-ils vous embaucher ? Vous censurer ? ou que sais-je encore ?

Bien à vous,
François Charles

Comments are closed.

preload preload preload