mars 29

Le Mouvement Démocrate est né au lendemain des élections présidentielles de 2007. Il représente la volonté de François Bayrou de convertir en force politique son joli score du premier tour (18,5%). Espace politique visé : Le centre.

Les deux clowns

La campagne de 2007 permet – momentanément – à cet espace d’exister.

D’un côté, Nicolas Sarkozy fort de cinq années de surexposition médiatique, est armé d’un discours d’un populisme inédit pour la droite dite « classique ». Il drague, sans se cacher, l’électorat du Front National.
De l’autre a surgit Ségolène Royal, propulsée candidate du PS contre toute attente (et tout esprit de sérieux), à la faveur d’une campagne essentiellement basée sur l’image, l’attitude, le bruit, les symboles. Très vite, son absence de stature et son inaptitude politique déçoivent une partie de l’électorat de gauche.
Pendant quelques mois, ces deux candidats plus « people » que politiques saturent l’espace médiatique avec une absence de crédibilité terrifiante.

L’espace « Centre » s’ouvre à l’occasion de cette terreur. Incapables de voter à gauche mais horrifiée par le sarkozisme, une partie des modérés de droite se tournent vers Bayrou. Symétriquement, beaucoup de sociaux-démocrates fuient la diva du Poitou.

Bye Bye Bayrou.

Trois ans ont passé. Le Modem a enchainé les échecs électoraux jusqu’à sombrer sous les 5% aux régionales de mars 2010. L’émergence d’Europe Ecologie n’y est pas pour rien. Ce que les bayrouistes, trop occupés à danser dans leurs juste-au-corps orange vif, n’ont pas saisi, c’est qu’aujourd’hui, en France, il n’y a pas de place pour un mouvement centriste consistant. En dix ans, l’ensemble du paysage politique et syndical s’est décalé sur la droite. Le Centre, aujourd’hui, c’est Dominique Strauss-Kahn et l’aile droite du parti socialiste.

D’ailleurs qui ose dire sans sourire que le président du FMI, choisi par Sarkozy, est de gauche ?

mars 27

Stéphane Guillon fait penser à ces trublions, à l’école, qui font rigoler toute la classe en bravant l’autorité du professeur. Ce qui provoque le rire, c’est l’impertinence comme geste. On parle, aujourd’hui, de provocation. En la matière, Guillon fait très bien son boulot. Il faut se féliciter de sa présence sur le service publique.

Au demeurant, d’un stricte point de vue humoristique, ses chroniques sont à la gauche ce que sont les « grosses têtes » à la droite. Peu ou pas de style. Peu ou pas d’imagination. Peu ou pas drôle. Amusant, parfois. Lourd, souvent – je pense aux attaques sur la vie privée de X ou le physique de Z.

Trois minutes de gaudriole foireuse ne méritent ni tempête médiatique, ni les excuses ridicules de la direction de France Inter.

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